Menu icoMenu232White icoCross32White

Nathalie ARTHAUD - Résumé de l'interview

 

Le trotskisme

Lutte Ouvrière se définit comme un parti communiste révolutionnaire trotskiste, en référence à Léon Trotski. Ce dernier, dès les années 1920, lutta contre la bureaucratisation progressive à l'oeuvre après la révolution Russe, en continuant de réclamer "une démocratie ouvrière". Lutte Ouvrière se réclame donc de cette branche du communisme qui a combattu le stalinisme et fit l'objet en retour de persécutions et d'une marginalisation de la part des partis communistes dans le monde.  En France, Lutte Ouvrière trouve ses origines dans la création de l'Union Communiste par des militants trotskistes lors de la deuxième guerre mondiale.

Lutte Ouvrière aujourd'hui

Au quotidien, Lutte Ouvrière milite au plus près du terrain dans les entreprises, les quartiers populaires,  avec la conviction que seuls les travailleurs eux-mêmes peuvent être à la source de leur émancipation du système économique actuel. (9'50).

Par le terme de "travailleurs", la porte-parole explique qu'il faut comprendre tous les individus qui "dépendants de ceux qui détiennent les moyens de production" vendent leur force de travail, ce qui est le cas de l'écrasante majorité des individus dans le monde. Parmi tous ces travailleurs, Lutte Ouvrière estime que c'est chez les plus opprimés que la capacité de révolte est la plus grande. Quant au "grand capital" (15'30), il comprend  les entités capables de soumettre leur environnement économique. Il se distingue également par sa "puissance sociale", c'est-à-dire sa capacité à influencer des régions ou des pays entiers.    

Lutte Ouvrière et les syndicats

Compte tenu de l'importance apportée par le parti à la mobilisation des travailleurs, l'entretien se penche sur le regard que porte le parti et les relations qu'il entretient avec les syndicats. (17'36). A ce sujet, Nathalie Arthaud ne voit pas de cause à effet entre le niveau de syndicalisation des salariés et leur pouvoir d'influence puisque de très grandes luttes se produisirent lorsque les syndicats n'existaient pas. Aujourd'hui, la porte-parole explique qu'elle "ne peut pas imaginer que des femmes et des hommes sur cette planète se laissent piétiner" sans qu'il y ait de réaction. L'objectif du parti est donc de populariser ses analyses pour que les revendications politiques soient orientées vers les grands détenteurs du capital et non pas simplement vers des personnalités politiques.(25'50).

 

 

 

 

 

 

 

Rôle et pouvoir du politique

Pour Lutte Ouvrière, le véritable pouvoir ne se trouve pas du côté politique. (30'26). Le président américain Biden en serait d'ailleurs un bon exemple après son annonce "démagogique" de rendre public les brevets des vaccins contre le Covid. En effet, aucune mesure concrète et coercitive contre les grands laboratoires n'a été prise, ce qui prouverait qu'il "ne veut aucunement gêner le business des Big Pharma".  Nathalie Arthaud ne présente donc pas sa candidature pour "être une gestionnaire du système" mais pour encourager les travailleurs à le renverser. (36'28). L'exemple récent d'Alexis Tsipras en Grèce conforte d'ailleurs le parti dans cette vision.

Gilets Jaunes et programme présidentiel

L'entretien se penche ensuite sur le mouvement des Gilets Jaunes et les revendications formulées, notamment le RIC. Nathalie Arthaud regrette que les revendications se soient portées finalement sur des appels à se mobiliser pour des réformes touchant aux lois. A ses yeux, l'objectif est que le monde du travail "renoue avec les luttes qui ont toujours fait sa force" (43'00), c'est à dire la mobilisation dans la rue avec des revendications politiques et économiques. C'est dans cette optique que Lutte Ouvrière porte pour la présidentielle un "plan de combat" portant sur les salaires et la lutte contre le chômage avec l'objectif d'atteindre 0 chômeurs. (49'15). 

Organisation et vote

Pour Nathalie Arthaud, la gestion collective des entreprises serait la garantie que des décisions profitables à tous soient prises dans les entreprises. L'entretien aborde notamment la question de l'industrie automobile (54'58). De manière plus générale, l'expérience des coopératives est la preuve pour le parti que les "travailleurs savent faire" et n'ont pas besoin de patrons pour s'organiser et produire. Loin de l'équilibre prétendu auquel aboutirait par magie le marché, la porte-parole dénonce au contraire la désorganisation, la guerre économique et concurrence incessante qui caractérisent le système actuel.

La fin de l'entretien porte sur l'évolution du vote des classes populaires. (1'00'00). Le report vers l'extrême droite et surtout l'augmentation de l'abstention s'expliquerait pour Nathalie Arthaud par les déceptions successives  qu'a suscité la gauche au pouvoir. Ne croyant plus dans leur pouvoir de mobilisation face au patronat, l'attention des travailleurs se reporterait logiquement sur les plus pauvres.  

Nous évoquons pour finir ce que signifie pour elle le pluralisme et son environnement culturel.